Écrire et être actif sur LinkedIn me demande de désapprendre X années de recherche scientifique.
2017 à 2024 : j’écris des rapports scientifiques sans sourciller.
Depuis 2025 : je mets 2h sur chaque post LinkedIn.
Pendant des années, j’ai écrit sans difficulté des articles scientifiques.
Des textes rigoureux, précis, relus dix fois.
Et aujourd’hui, je bloque devant chaque post que j’écris. Parce qu’en recherche, on t’apprend exactement l’inverse de ce qui fonctionne ici.
1/ Tu dois t’effacer 🔬
Même quand tu es au cœur de ton sujet, tu n’es pas censé raconter ton histoire. Tu observes, tu analyses, tu restes neutre.
Sur LinkedIn, si tu ne t’impliques pas, tu n’existes pas.
2/ Un exemple isolé est suspect 🔬
Un cas n’est pas une preuve. Les anecdotes sont dangereuses, elles donnent l’illusion de généraliser trop vite.
Ici, une seule situation vécue peut suffire à faire passer une idée en dix secondes.
3/ Le vocabulaire🔬
Une langue précise : corrélation, facteurs confondants, distribution de probabilité, étiologie … Chaque mot doit être choisi pour éviter les interprétations abusives.
Indispensable en science, totalement dissuasive en scroll.
Résultat : quand j’écris sur LinkedIn, mon premier réflexe est toujours le même.
→ Je cadre, je nuance, je définis.
À la fin, le texte est “juste” mais pénible à lire.
Alors je recommence.
Ce que je suis en train d’apprendre ici, ce n’est pas à écrire mieux. C’est à désapprendre X années d’études et de pratique trop scolaire.
LinkedIn récompense la clarté, l’incarnation, parfois même la simplification.
Le vrai défi, pour moi, c’est celui-là :
être compréhensible sans devenir caricatural.
Franchement, ce n’est pas l’exercice le plus confortable.
Je suis convaincu que ces deux mondes auraient pourtant beaucoup à s’apprendre. Un peu plus de recul et moins de simplification feraient du bien à LinkedIn … y compris pour les chercheurs eux-mêmes.
Sérieusement, qui lirait les posts de Jancovici s’il n’était pas Jancovici ?
PS : Si tu me découvres avec ce post, je suis Nathan Risch.
D’abord kiné, puis chercheur en neurosciences, aujourd’hui entrepreneur.
J’ai créé PLAYCIZ, une solution digitale pour les clubs de tennis et de padel 🎾
Plus de revenus. Moins de gestion. Plus de jeu.
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February 3, 2026