Les jeunes n’ont pas le sens de l’effort.
Pourtant, en encadrant leurs mémoires, je vois tout l’inverse.
𝐎𝐧 𝐞𝐧𝐭𝐞𝐧𝐝 𝐭𝐫𝐨𝐩 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐞𝐬 𝐦𝐞̂𝐦𝐞𝐬 𝐩𝐡𝐫𝐚𝐬𝐞𝐬 :
“Les jeunes ne veulent plus bosser.”
“La Gen Z, c’est un enfer.”
”Il n’y a plus de compétences”
Honnêtement ?
Ça me fatigue, et ça me désole.
Quoi de plus démoralisant que d’entendre qu’ils sont « incompétents » et « fainéants » avant même d’avoir commencé, et que, de toute façon, ils n’ont aucun avenir face à l’IA.
Cela fait des années que j’encadre des étudiants : kinés, data, sciences humaines, management du sport. Plus j’en accompagne, plus je me dis qu’on se trompe de discours.
Oui, il y a un décalage générationnel.
J’ai grandi avec Windows 95, MSN et les CD gravés.
Ils ont eu Discord, Twitch, Signal et Netflix sur leurs tels.
Dix ou quinze ans nous séparent — et c’est précisément ce qui rend l’échange si riche.
Parce qu’ils pensent autrement.
Parce qu’ils ne se laissent pas enfermer dans nos schémas usés.
Parce qu’ils osent poser des limites que nous, on n’a jamais su poser.
Un exemple très simple : un étudiant qui refuse de bosser le week-end. Lors d’un précédent jury, l’un des étudiants a répondu à mon co-juré qu’il n’avait pu, ni voulu travailler le dimanche. Le co-juré s’est étranglé, la crise cardiaque n’était pas loin. Moi, ça ne me choque pas. Ils savent poser leur limite, et je trouve ça sain.
On confond souvent leurs exigences avec de la flemme. Mais en réalité, ils ont déjà repéré ce que nous, on a mis dix ans — et parfois une reconversion — à admettre.
C’est aussi pour ça que j’enseigne encore : ce qui est évident pour moi l’est rarement pour eux, et ça change ma façon d’expliquer, de manager, d’entreprendre.
Eux voient la France comme stagnante : « Monsieur, on est toujours au milieu des années 90 » → moi, je la vois comme progressiste, « l’innovation est forte » (plus forte que dans 127 autres pays 😅)
Cela me bouscule et c’est tant mieux ! Ils sont pour moi un véritable moteur de l’innovation. Qui de mieux qu’eux, pour m’aider à comprendre le monde de demain ?
Et dans les clubs que j’accompagne, je vois désormais des comités qui rajeunissent, des dirigeants qui écoutent, des générations qui collaborent enfin.
La Gen Z n’est pas un problème.
C’est notre rapport à eux qu’il lest.
Mon souhait ? Qu’on leur fasse réellement confiance, et qu’on leur laisse une chance.
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December 11, 2025